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Déconfinement et restauration : à Valence, une appli pour commander et payer dans les restaurants depuis son smartphone

Ce mercredi 3 juin, 2 Valentinois commercialisent une nouvelle application. Yamay, c’est son nom, permet aux clients de bars ou restaurants de consulter la carte, de commander et de payer via leur smartphone. Avec la crise sanitaire, l’entreprise est en pleine expansion.

Imaginez 2 amis d’enfance qui décident à l’âge de 18 ans de profiter d’une semaine de vacances pour prendre du bon temps. Les 2 jeunes gens partent en road-trip de Valence où ils résident jusqu’à Paris.

Les soirs, ils se retrouvent dans différents bistrots pour trinquer à leurs congés. Mais, à chaque fois, le même constat : les bars sont remplis, l’attente au comptoir est longue… très longue, trop longue !

Nous sommes en 2017, Clément Thuillier et Lucas Chosson viennent tout juste d’obtenir leur baccalauréat et ont de la suite dans les idées : de cette virée estivale va naître, après 3 ans de développement, une application dédiée aux professionnels de la restauration. Yamay c’est son nom permet à n’importe quel client de consulter la carte, de commander et de payer via son smartphone. Moins d’attente donc, mais également moins d’interactions.

En ces temps de crise sanitaire où la distanciation physique reste la règle, le destin semble sourire à ces deux jeunes entrepreneurs.
« On ne pouvait pas savoir que notre application allait rentrer dans un cadre de normes sanitaires. Au bout de 2 semaines de confinement on a eu beaucoup d’appels, de mails et on s’est fait submerger. On a du mettre en place des moyens financiers pour répondre à la demande et installer à distance nos packs. On va installer 30 professionnels durant tout l’été partout en France. On pense embaucher 3 à 4 personnes en CDI cet été – explique Clément Thuillier. »

L’application est gratuite pour les clients. Pour installer les logiciels, imprimante et système de paiement sécurisé, les professionnels souscrivent un abonnement . Les prix sont variables et peuvent aller jusqu’à 200 euros par mois.

 

Quid du lien social et des échanges avec les serveurs?

Clément et Lucas entrevoient pour leur entreprise un avenir radieux. Mais si l’application peut rassurer clients et restaurateurs, ne peut-elle pas également les éloigner ? Clément se défend de mettre à distance consommateurs et professionnels. Au contraire, son appli serait un moyen d’entretenir un lien moins superficiel entre les gens.

« Parfois les serveurs n’ont pas trop de temps. Quand on commande un coca par exemple on n’a pas vraiment besoin de conseil. Par contre, si on veut se faire conseiller sur un vin type Chardonnay moelleux ou sec, alors on fait appel au serveur qui, lui, a des connaissances et est formé pour conseiller, ce n’est pas un robot. Du coup c’est le paradoxe d’avoir créer un outil digital qui resserre les liens sociaux.« 

Parmi les tous premiers clients de la société : Rodolphe Perret. Il dirige une brasserie à Valence et vient de rouvrir son établissement. Avec une dizaine de serveurs en haute saison, il constate déjà grâce à l’application, un gain de temps dans la prise de commandes. Pour lui, cette technologie n’enlève en rien à la convivialité du service.

«C’est un choix que l’on propose aux clients, rien n’est imposé. Notre carte est adaptée : on sert les classiques via l’application. Mais ce qui est intéressant c’est que, grâce à l’interactivité de l’application, les clients ont accès directement à des informations sur certains produits et notamment leur origine. C’est quand même l’avenir ! ». Rodolphe Perret, directeur de la brasserie l’Etage à Valence

En plein essor, l’entreprise espère doubler le nombre de ses clients d’ici un an et avoisiner un chiffre d’affaires d’1 million d’euros. Clément et Lucas, du haut de leur 22 ans, envisagent également de délocaliser le siège social de Valence à Lyon, en janvier 2021 pour pouvoir, disent-ils « avoir encore plus de facilités d’embauches.« 

Vincent Diguat.